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LES RÉUNIONS THÉMATIQUES

Les réunions thématiques
(Prochainement) Les réunions thématiques "en savoir plus sur les addictions" sont mensuelles et ouvertes à toute personne intéressée (patients, proches, soignants, etc.). Elles vous apportent un éclairage simple pour mieux comprendre les addictions, les risques associés et les soins disponibles. Elles sont aussi un moment d'échanges pour les avis et les expériences de chacun. Aucune inscription est nécessaire, il suffit de vous présenter aux horaires et lieux indiqués.


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LES PRODUITS ET COMPORTEMENTS : GLOSSAIRE

 

  • L’alcool est une substance liquide (éthanol ou alcool éthanol) aux propriétés euphorisantes et désinhibantes, retrouvée dans une grande variété de boissons alcoolisées. Appelée aussi éthanol, cette substance est issue de la fermentation de plantes : fruits, graines et tubercules. Le degré d’alcool d'une boisson correspond au pourcentage contenu dans 100ml. Plus le degré est élevé, plus la concentration en alcool pure est forte. Une étape de distillation est nécessaire pour obtenir une forte concentration dans une boisson.

    Un verre standard d’alcool correspond à une dose de 10 grammes (une unité standard). C’est environ la quantité servie dans un bar lorsqu’on commande un verre : 25 cl bière à 5°, 10 cl de vin à 12°, 2,5 cl de whisky à 40°. L’organisation mondiale de la santé recommande de ne pas consommer en moyenne plus de 3 verres standards par jour chez l’homme, 2 verres chez la femme et 4 verres lors d’une même occasion. Le plus souvent bu, l’alcool est absorbé en quelques minutes par le système digestif puis est diffusé dans l’organisme par la circulation sanguine. En fonction de sa concentration dans le sang (alcoolémie), il provoque des effets croissants : euphorie et gaieté, altération du comportement et diminution de la perception du danger, incoordination et instabilité motrice jusqu’au coma éthylique (dose en moyenne supérieure à 3g/l de sang). Les risques immédiats d’une prise d’alcool sont réels : risque d’accidents, de surdosage, de perte de contrôle des actions etc.

    L’alcool à un fort pouvoir de dépendance psychique et physique. Le syndrome de sevrage peut s’avérer dangereux : apparition d’hallucinations (delirium tremens), de crises d’épilepsie, d’une encéphalopathie parfois irréversible (syndrome de Gayet Wernicke et de Korsakoff). Le produit est toxique pour de multiples organes. Les prises régulières peuvent provoquer entre autres des lésions du foie (stéatose, cirrhose, cancer), des cancers divers (voies aéro-digestives, pancréas), des atteintes cérébrales (encéphalopathie, troubles cognitifs), nerveuses périphériques (polyneuropathie) et cardiaques et vasculaires (hypertension, accidents vasculaires). En plus des dommages sanitaires, les dommages sociaux provoqués par l'alcool sont nombreux : perte d'emploi, répercussions sur la famille et l'entourage, précarité, etc.

    La consommation d’alcool chez une femme enceinte est à proscrire. Le produit peut entraîner chez le fœtus des malformations, un retard de croissance, et des atteintes du système nerveux. La consommation en binge drinking consiste en l’absorption rapide d’une grande quantité d’alcool en peu de temps pour atteindre l’ivresse (plus de 6 verres en moins de 2 heures). Cette pratique est retrouvée particulièrement chez les adolescents, période de la vie où le cerveau est encore en développement. L’alcool étant toxique pour cet organe, le binge drinking entraîne des atteintes directes et peut perturber les performances cognitives.


    A lire aussi : Un dossier complet sur l'alcool (mongeneraliste.be) L'alcool en Europe : Faits et Chiffres (ANPAA)
  • Le cannabis est une plante connue pour ses effets de détente et d’euphorie. Ils sont essentiellement dus au delta-9-tetrahydrocannabinol (THC). Sa concentration varie de manière importante selon les plantes et les modes de préparation. Le cannabis contient également de nombreux autres principes actifs (les cannabinoïdes). Un des plus connus est le cannabidiol (CBD) qui est présent en proportion moins importante (voir plus bas). Le cannabis se présente sous plusieurs formes : l'herbe (marijuana) et la résine (haschisch ou shit) se fument, l'huile est consommée en pipe. Il peut être aussi ingéré ou bu.

    Les effets de bien-être et de modification des perceptions sensorielles varient selon les personnes et les quantités prises. Ils apparaissent en quelques minutes lorsqu’il est fumé et durent entre 2 et 4 heures. Ils sont décalés dans le temps et sont plus longs lorsque le produit est ingéré. La prise du produit entraine une baisse de la vigilance, de la concentration, des réflexes ainsi qu'une somnolence et une altération de la mémoire immédiate. La consommation ponctuelle peut donc entraîner des risques d’accidents. Aussi, elle peut provoquer des épisodes d’angoisse intense et des attaques de panique.

    Malgré que le cannabis soit considéré comme un produit avec un pouvoir de dépendance plus faible que d’autres drogues, la dépendance psychique (envies irrépressibles répétées) et physique existe. Le sevrage en cannabis entraine un mal-être, une irritabilité, des difficultés de sommeil, des sueurs et des maux de tête. La tolérance conduit la personne à augmenter progressivement la quantité de cannabis consommée.

    L’usage régulier du cannabis expose à des dommages physiques : pathologies pulmonaires, cancers ORL, accidents vasculaires (infarctus, syndrome de vasoconstriction cérébral). Les dommages psychiques sont multiples : perte de la motivation dans les activités du quotidien (syndrome amotivationnel), trouble anxieux, apparition de symptômes hallucinatoires par exemple. La consommation régulière altère certaines fonctions cérébrales à long terme, notamment les fonctions exécutives. Les atteintes vont dépendre de la quantité consommée mais aussi de l'âge du début des prises. Les prises de cannabis tôt dans l'adolescence ont des conséquences plus importantes sur les performances intellectuelles. Le syndrome cannabinoïde (hyperémèse cannabinoïde) est une complication qui survient par crise et se caractérise par des vomissements et des douleurs abdominales intenses. La résine de cannabis est coupée avec des produits inactifs et/ou toxiques : colle, cire, henné, microbilles de verre, etc. Ces agents de coupe intensifient les dommages et les risques d'intoxication.

    Le cannabis de synthèse (spice, K2, black mama, etc) se présente sous la forme d’herbes séchées sur lesquelles sont vaporisées des molécules synthétiques (produites artificiellement) ou sous forme de liquide pour cigarette électronique. Ces produits sont fortement dosés et imitent les effets du cannabis. Ils seraient plus addictifs avec des effets indésirables plus nombreux et différents (risque de surdosage et de complications psychiatriques).

    L'usage médical du cannabis devient une réalité dans certains pays. Il est utilisé pour ses propriétés antidouleurs, antispasmodiques, antivomitifs et anxiolytiques dans certaines pathologies. Des études d’efficacité ont démontré un intérêt médical non négligeable mais seulement sous certaines conditions. La recherche s’intéresse particulièrement à un cannabinoïde : le CBD. Présent en quantité moindre dans le cannabis, une teneur élevée lui confère des proprietés protectrices face aux effets indésirables du THC.


    A lire aussi : Site d'information et de documentation sur le cannabis (Suisse)
  • Le tabac est un produit psychoactif manufacturé élaboré à partir de feuilles de plantes de tabac séchées puis fermentées. Il est originaire d'amérique centrale. Il est cultivé dans le monde entier et proposé à la consommation sous forme de cigarettes, cigares ou en vrac. Les produits du tabac sont composés d’agents de saveur et de texture. La consommation génère une forte dépendance due à la nicotine. Lorsque le tabac est fumé, la délivrance au cerveau est très rapide. On parle de « shoot nicotinique ». La nicotine est consommée pour son effet stimulant et coupe-faim.

    Le tabac expose les fumeurs et les non-fumeurs (tabagisme passif) à des atteintes et maladies multiples, en particulier sur la fonction vasculaire (détérioration des artères et risques d’infarctus), la fonction pulmonaire (bronchite chronique et cancers) et sur les voies digestives et aériennes supérieures. La toxicité est principalement liée à la combustion qui forme des composants nocifs aux propriétés cancérigènes (métaux lourds, nitrosamines, goudrons, etc.). Le monoxyde de carbone (CO) provoque un déficit chronique en oxygène en se fixant à la place de l’oxygène sur les globules rouges. Chez la femme enceinte, le tabac expose la mère et le foetus à un risque de fausse couche et de retard de croissance. Chez le bébé, il expose à un risque de mort subite, d’infections respiratoires, d’otites et de crises d’asthme. L’arrêt du tabac est donc souhaité à tout moment. Le tabagisme chronique expose à un risque de développement de symptômes dépressifs.

    L’arrêt du tabac provoque une sensation de manque avec des signes de sevrage : tension, irritabilité et nervosité, anxiété et tristesse qui s’estompent en quelques jours. Par contre, la dépendance psychologique crée de fortes envies qui perdurent plusieurs mois. L’aide d’un tabacologue est recommandée pour diminuer le risque de reconsommer. Plusieurs traitements existent pour aider au sevrage et maintenir l’abstinence, tels que les substituts nicotiniques (gommes, patchs transdermiques, inhalateur), la varénicline (médicament qui fixe et bloque les récépteurs à la nicotine), le bupropion (médicament de la classe des antidépresseurs) et les thérapies.

    La cigarette électronique ou vapoteuse reproduit les sensations d’une cigarette. Ce dispositif électronique produit une vapeur chargée en nicotinique destinée à être inhalée. Elle se compose d’une batterie, d’un atomiseur et d’une cartouche à e-liquide contenant du propylène glycol et/ou de la glycérine végétale, des arômes et de la nicotine plus ou moins dosée. La cigarette électronique aide à l’arrêt du tabac mais son rapport bénéfices/risques est encore mal connu. Elle est toujours à l'étude.

    A lire aussi : Tabac Stop
  • La cocaïne est un puissant produit psychostimulant et vasoconstricteur issu de la feuille de coca, plante cultivée principalement en Amérique du sud. La cocaïne est extraite d'une grande quantité de feuilles grâce à des processus chimiques pour obtenir une pâte.

    Elle est consommée de plusieurs façons. La poudre blanche ou chlorhydrate de cocaïne est sniffée (aspirée par le nez). C’est le mode de consommation le plus courant. Mélangée avec de l’ammoniaque ou du bicarbonate de soude puis chauffée (basée), elle se transforme en petits cristaux qui se fument ou s’inhalent en pipe. On parle alors de crack (freebase), nom dû aux sons produits lors de la combustion. Elle peut aussi être injectée par voie intraveineuse à l’aide de seringues et parfois mélangée à de l’héroïne (speedball). Les produits de coupe de la cocaïne sont variés : lévamisole, lactose, lidocaïne, phénacétine, paracétamol, etc. Ils induisent des effets indésirables qui leur sont propres.

    La cocaïne est consommée pour son effet énergisant. Elle induit une euphorie, un sentiment de puissance, de lucidité, d’endurance et une impression de grande de confiance en soi. Elle entraine une indifférence à la fatigue et à la douleur avec une perte du besoin de sommeil. La consommation répétée épuise progressivement l’organisme. L’absorption du produit est rapide et les effets durent entre 30 min et 1 heure. Les effets du crack sont plus violents, plus rapides et plus brefs. La cocaïne a un fort pouvoir de dépendance et les envies de consommer sont connues comme étant intenses. Lorsque les effets recherchés disparaissent, une phase de « descente » s’installe. L’humeur s’inverse. La personne ressent une tristesse, une fatigue, de l’anxiété et une irritabilité. Cette période désagréable peut durer de 1 à 5 jours en fonction de la fréquence des prises. Une humeur triste, une instabilité émotionnelle et un épuisement peuvent durer jusqu’à plusieurs semaines après l’arrêt des consommations. Le risque de vouloir reconsommer pour contrecarrer cet état désagréable est important.

    Lors d’une prise, des risques immédiats peuvent survenir tels que des crises d’angoisse, une agressivité , une confusion et l’apparition d'un délire ou d’hallucinations. Le surdosage est possible et entraîne un risque de décès. La cocaïne est une substance vasoconstrictrice. Elle rétrécie le diamètre des vaisseaux et le flux sanguin. La cocaïne provoque des atteintes cardiaques (trouble du rythme, infarctus, cardiomyopathie) et des atteintes neurologiques (AVC, épilepsie, troubles cognitifs) entre autres. Elle entraine également une destruction de la cloison nasale avec des perforations. Des risques de contaminations infectieuses existent lors du sniff (virus de l'hépatite C) et des injections (VIH, virus hépatites C et B).

    La cocaïne est régulièrement consommée au décours d’une prise d’alcool. Les deux produits interagissent dans l’organisme et forment du cocaéthylène. Ce produit agit 3 fois plus longtemps que la cocaïne et augmente les effets d’euphorie. L’alcool est utilisé pour diminuer les effets de descente en cocaïne et inversement, la cocaïne est utilisée pour diminuer une sensation d’ivresse. Le cocaéthylène augmente fortement le risque d’atteintes cardiaques. Lors d’une co-addiction (alcool et cocaïne), la prise en charge doit cibler ces deux produits. En effet, de nombreux patients évoquent des rechutes en cocaïne qui sont liées à des consommations d’alcool.
  • Les dérivés amphétaminiques sont une classe de substances aux propriétés stimulantes. Elle comprend notamment le MDMA, l’amphétamine et la méthamphétamine. Ces produits ont pour effet commun de réduire les sensations de fatigue, de faim et d’induire un sentiment d’euphorie et d’hyperconcentration.

    Le MDMA (méthylènedioxyméthamphétamine) se présente sous forme de cristaux blancs ou translucides, de comprimés de couleurs (Ectsasy), de poudre blanche ou de capsules. Il peut être avalé en parachute, sniffé, fumé et injecté. Appelé parfois « drogue de l’amour », il est connu pour donner une puissante sensation d’empathie envers les autres et pour faciliter le contact. Les doses contiennent des quantités variables de principe actif (100 mg en moyenne) et de produits de coupe. À forte dose, le MDMA a des propriétés hallucinogènes.

    Les effets recherchés arrivent 30 minutes après l’ingestion (quelques secondes lors d'un sniff ou d'une inhalation). Ils durent de 4 à 6 heures. Le MDMA agit en libérant une dose massive de sérotonine et de dopamine dans le cerveau ce qui mofidie l’humeur notamment. Il procure une désinhibition, une sensation d’énergie, de bonheur, d’euphorie et une exacerbation des sens. Après cette phase, une période de descente apparaît et dure plusieurs heures. La descente se manifeste par une tristesse et un épuisement. Le MDMA peut provoquer, de part une activité physique intense lors de la prise (une danse effrénée par exemple), une augmentation de la température corporelle et une déshydratation qui peuvent s’avérer graves. Des attaques de panique et des délires de persécution peuvent survenir. Le produit est toxique notamment pour le foie et le cœur avec un risque de trouble du rythme. Le surdosage est une urgence médicale car il peut entraîner un décès. L’usage régulier entraine un épuisement, une tristesse et une anxiété. Il expose la personne à des atteintes cognitives.

    L’amphétamine ou « speed » est produit plus puissant. Il se présente sous forme de poudre. Il est destiné à être sniffé ou injecté. La méthamphétamine, produit encore plus puissant que l’amphétamine, se présente sous forme de cristaux, de poudre ou de gélules (Meth, Crystal, Ice). Ils sont utilisés en milieu festif voire lors d'activités sportives ou professionnelles pour augmenter l’endurance et ressentir une sensation élevée de puissance. La durée des effets est plus longue, entre 4 et 16 heures. Les risques et effets indésirables des prises sont variés : surdosage, agitation, trouble du rythme cardiaque, accident cérébral, crise d’épilepsie, apparition d'hallucinations et de délires, éruption cutanée, trouble du sommeil, contractions de la mâchoires (lésions buccales). Les prises entrainent une dépendance qui s’installe rapidement.

    A petite dose, l’amphétamine et ses dérivés aident au maintien de la concentration, de l’attention et de l’état d’éveil. Plusieurs traitements médicamenteux comprenant cette classe de molécules sont commercialisés. Ils sont utilisés chez personnes atteintes d'un trouble de déficit de l’attention. Ces traitements sont prescrits sous couvert d'une surveillance médicale étroite.
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  • Les nouveaux produits de synthèse (NPS) ou « research chemicals » et « legal highs » sont un ensemble de substances produites de façon synthétique qui imitent les effets de drogues connues (cannabis, amphétamines, cocaïne, LSD, etc.). Ces produits sont achetés sur internet ou en vente directe dans les espaces festifs sous divers noms et formes : herbes aspergées de produits et comprimés notamment.

    Ils ont une structure moléculaire proche de certaines drogues, mais suffisamment différente pour procurer des effets plus intenses et atypiques. Les principaux NPS sont le cannabis de synthèse ou « spice » (cannabinoïdes se fixant sur les récepteurs au THC) et les phénéthylamines (dont les cathinones). Une des plus connue est la méphédrone, molécule dérivée de la cathinone (l'alcaloïde du khat qui est un arbuste africain). Elles ont souvent été vendues sous l'appellation de "sels de bain". Certaines molécules ont des effets psychédéliques, telles que les composés NBOMe. La méthoxétamine (MXE) est un dérivé de la kétamine. Elle possède des propriétés dissociatives et hallucinogènes.

    Il existe plusieurs centaines de NPS aux effets et dosages multiples. Ces produits de synthèse sont principalement produits en Asie dans des laboratoires clandestins. Des dizaines sont créées chaque année. Lors des consommations, les risques à court et long termes sont encore mal connus. De part des effets alterant le jugement et le discernement, ils peuvent provoquer des comportements à risque et des accidents. Certaines substances peuvent induire des dépendances en cas de consommation répétée. La consommation même occasionnelle peut engendrer des intoxications graves voire des décès.


    A lire aussi : Livret de l'Eurotox sur les NPS
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  • Le GHB (gamma-hydroxybutyrate) est un produit utilisé en contexte festif pour son effet euphorisant, désinhibant et relaxant lorsqu’il est consommé à dose récréative. Cette molécule agit comme un dépresseur du système nerveux central en se fixant sur les récepteurs GABA, comme l’alcool et les benzodiazépines. La sensation lors d'une prise ressemble à celle que peut procurer l’alcool. À plus forte dose, le GHB a un effet sédatif et amnésiant. Ayant la réputation d’être utilisé dans certains cas à des fins de soumission chimique, le GHB est appelé « drogue du viol » par les médias. Dans le milieu festif, il est appelé « ecstasy liquide » ou « liquide X » mais ne doit pas être confondu avec l’ecstasy qui appartient à la famille des dérivés amphétaminiques.

    Lorsque le GHB a une teneur en eau suffisante, il se présente sous la forme d’un liquide inodore et incolore au goût salé. Il est vendu sous forme de fioles. Le liquide est alors dilué avec une boisson avant d’être bu. Sous forme solide, le GHB se présente en comprimés à la texture de savon ou en poudre. Le GBL (gamma-butyrolactone) est le précurseur du GHB. Utilisé comme solvant industriel (propriété corrosive), il se transforme dans l’organisme en GHB une fois absorbé. Ses effets sont proches de ceux du GHB mais en plus puissants. Il se présente sous la forme d’un liquide visqueux, incolore et très acide. Il nécessite une plus forte dilution avant la consommation.

    Les effets recherchés du GHB/GBL sont une euphorie, une désinhibition et une stimulation sexuelle. Ils apparaissent quelques minutes après l’ingestion et peuvent durer jusqu’à 4 heures. L’intensité des sensations varie en fonction des individus et du dosage. La prise de GHB/GBL provoque des effets indésirables : vertiges, nausées et vomissements, étourdissement, confusion, spasmes musculaires, troubles de la mémoire, désinhibition extrême, pensées inhabituelles et perte de connaissance. Le risque d'un surdosage est réel avec l'apparition de crises d’épilepsie, d'une dépression respiratoire et d'un ralentissement du rythme cardiaque. Le coma peut entraîner un décès.

    Une dépendance avec accoutumance se développe en plusieurs semaines lors d'une consommation répétée. Un arrêt brutal peut entraîner un syndrome de sevrage qui se manifeste par une anxiété, des tremblements, une hypertension, des troubles du sommeil avec de possibles idées de paranoïa et hallucinations. Lors d’une dépendance physique, l’arrêt doit être surveillé médicalement.

    La prise de GHB/GBL se fait souvent avec l’absorption concomitante d’autres produits psychoactifs (alcool, cocaïne, médicaments, etc). Ces associations potentialisent les effets du GBL/GHB et augmentent le risque de surdosage. Il est fortement déconseillé de consommer de l’alcool au décours d'une prise de GHB/GBL.
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LES QUESTIONS FRÉQUENTES SUR L'ADDICTION

Cliquez sur les questions pour afficher les réponses 

Une addiction c'est quoi ?

Une addiction, c'est la répétition de conduites addictives (consommation de produits ou comportements) due à des envies irrépressibles, en dépit d'une volonté et d'une motivation à s'abstenir. Il existe alors un besoin psychologique et/ou physique avec des signes de manque associés. Il faut augmenter progressivement les doses des produits consommés pour ressentir les mêmes effets. On parle de tolérance et d'accoutumance.

Qu'est ce qui rend addict ?

Plusieurs produits peuvent entrainer une addiction, en fonction de leur pouvoir de dépendance. Ces produits sont dits « psychoactifs » car ils agissent sur le cerveau, tels que les drogues : alcool, tabac, cannabis, cocaïne et autres stimulants, opiacés, médicaments, etc. La distinction entre drogues dites « dures » et « douces » n'est plus d'actualité. Tout produit qui a le pouvoir de rendre dépendant doit faire l'objet d'une attention particulière. Il existe également des addictions comportementales lorsqu'elles sont liées à la répétition de certaines actions. C'est le cas des jeux d'argent, jeux-vidéo, conduites sexuelles ou encore du sport par exemple.

Comment et pourquoi devient-on addict ?

Le plus souvent, les drogues (dont l'alcool) sont consommées de manière occasionnelle et festive dès l'adolescence. Elles viennent stimuler le système de récompense du cerveau (circuit de la dopamine) à l'origine d'un plaisir ressenti. C'est en répétant les prises que le risque de développer une addiction augmente. Ces répétitions sont souvent liées à des habitudes sociales (imitation de l'entourage) ou à une habitude de réguler des ressentis négatifs ou positifs (tristesse, anxiété, tension, joie, etc.) avec les produits.

L'addiction s'installe progressivement. Les consommations stimulant une récompense engendrent un remaniement de certains circuits cérébraux liés aux émotions, à la motivation, à la mémorisation et au contrôle. Des envies de consommer pour contrecarrer un état interne négatif et les sensations désagréables d'un sevrage apparaissent (besoin de soulagement), tout comme l'incapacité à limiter les prises (perte de contôle). Le cerveau en redemande plus, des pensées obsédantes vis-à-vis du produit surviennent et un cercle vicieux s'installe. Le besoin augmente et les doses nécessaires pour obtenir une satisfaction doivent être plus importantes (tolérance).

L'addiction n'est pas seulement due au produit consommé. Elle nait de plusieurs facteurs liés aussi à la personne et à son environnement. Nous sommes tous inégaux quant au risque de présenter une addiction et d'avoir des difficultés à gérer ses consommations. On dit qu'une addiction, c'est la rencontre entre un produit (effets et pouvoir de dépendance), un individu (facteurs individuels) et un environnement (conditions de vie, événements, société, famille, etc.).

Les explications en vidéos : voir le clip 1 et voir le clip 2

Pourquoi est-ce difficile de s'arrêter ?

Bien qu'une personne addict soit consciente du caractère nocif de ses consommations, elle éprouve des difficultés à les stopper malgré la volonté de résister aux envies (les craving). Les tentatives de maitrise des consommations deviennent infructueuses. Les besoins ressentis de consommer sont perçus, aux yeux d'une personne dépendante, comme urgents, primordiaux et supérieurs aux autres besoins et intêrets habituels. La sensation d'apaisement ne se réduit petit à petit qu'à la prise du produit. La capacité de contrôle des décisions et comportements envers les consommations est alterée. L'impossibilité de limiter les prises entrainent des sentiments de culpabilité, de dévalorisation et de honte. Penser qu'une personne dépendante n'a pas de volonté pour arrêter est faux.

Quels sont les risques encourus ?

Les risques vont dépendre de plusieurs facteurs : le produit (ou le comportement), les quantités, la manière dont il est consommé et l'individu notamment. Il n'est pas nécessaire d'avoir une addiction et de se sentir dépendant pour que des dommages surviennent. Même si la plupart des prises occasionnelles ne cause pas de problème, chaque consommation peut entrainer des risques immédiats qu'il ne faut pas négliger (surdosages, accidents, conduites à risques, contaminations infectieuses, etc.). Il faut alors tenter de limiter les prises et de ne pas se mettre en danger.

Lors de consommations régulières, des conséquences à moyen et long termes apparaissent, en plus des risques immédiats. Elles concernent le corps (souffrance des organes, accidents cardio-vasculaires, cancers, etc.), le bien-être (tristesse, anxiété, etc.) et la vie d'une manière générale (conflits, absentéisme, précarité, etc.). La prise de conscience du caractère nocif des consommations prend parfois du temps. Faire un point précocement sur ses conduites addictives avec un professionnel est judicieux afin de réduire les risques futurs.

Comment savoir si j'ai une addiction ?

Prendre conscience d'une addiction et d'un problème avec des consommations n'est pas une chose simple. Cela arrive souvent lorsque des conséquences négatives sont déjà présentes. Il faut pourtant pouvoir se poser la question suffisamment tôt pour éviter que des habitudes s'ancrent durablement. Les quantités consommées, la fréquence des prises ou encore les heures passées à réaliser les conduites addictives ne suffisent pas à poser un diagnostic d'addiction. Aussi, l'absence de signes de sevrage à l'arrêt ne signifie pas qu'une dépendance n'est pas présente. L'addiction est suspectée lorsqu'il existe une prise de produits ou des comportements addictifs répétés associés à des envies. Faire une évaluation avec un professionnel est alors conseillé.

Que faire si je me sens concerné ?

Tout d'abord, il n'est pas nécessaire de vouloir arrêter ou de se sentir motivé pour commencer à en discuter. Pouvoir poser vos questions à un professionnel et recevoir une information adaptée est une chose déjà très utile. Une première démarche est de faire un point sur vos conduites addictives et sur les répercussions associées. Tout professionnel de la santé peut vous offrir cette aide, comme par exemple votre médecin généraliste. Il peut également vous orienter vers un spécialiste des addictions si cela est nécessaire.

Le diagnostic d'addiction n'est posé qu'après une évaluation faite lors d'une ou de plusieurs consultations. Par la suite et si vous l'acceptez, plusieurs aides pourront vous être proposées. L'addiction est un problème chronique qui peut nécessiter un suivi dans la durée avec un soignant de confiance. Pouvoir vous accorder du temps pour cela est donc important.

Quelles sont les aides possibles ?

En fonction de vos attentes et vos besoins, des solutions thérapeutiques s'offrent à vous. Les objectifs vont de la réduction des risques lors des consommations jusqu'à l'arrêt total des consommations. À ce jour, il existe des prises en charge diverses et adaptées à chaque situation : consultation médicale et para-médicale, psychothérapie, traitement médicamenteux, séjour hospitalier, centre de jour, groupe d'entraide et de soutien, etc. Les prises en charge doivent couvrir tous les aspects de la vie d'une personne : sa santé physique, son bien-être et ses conditions de vie.

Pourquoi avoir un suivi sur la durée ?

S'engager pour un suivi dans le temps avec un soignant est important. L'addiction est un problème chronique, fait de périodes de consommation et de périodes d'abstinence. Les échecs des tentatives d'arrêt et les reprises précoces des consommations sont fréquents et sont considérés comme courants. Pourtant, cela ne signifie pas que l'aide ou que le traitement n'a pas été efficace. Les rechutes ne doivent pas entrainer une baisse de la motivation et un arrêt des soins. Au contraire, elles doivent servir à identifier les facteurs qui ont conduit à la reprise des consommations et les facteurs qui les maintiennent. Une rechute conduit aussi à adapter les soins en cours.

Pour les personnes qui ne souhaitent pas arrêter de consommer ou qui désirent une consommation contrôlée, un suivi régulier est toujours utile. Il permet de réduire au maximum les risques liés aux prises de produits et permet de discuter de l'ambivalence. Ce sentiment, normal chez toute personne, est le désir à la fois d'arrêter et de continuer de consommer.

Qu'est-ce qu'une psychothérapie ?

Une psychothérapie, c'est un traitement par la parole. Elle se déroule sur plusieurs séances avec un psychothérapeute (psychologue et psychiatre entre autres). La psychothérapie peut être individuelle ou se faire en petit groupe de patients. Cette modalité thérapeutique est fréquemment utilisée pour les addictions. Il existe plusieurs dizaines de thérapies différentes aux objectifs variés.

La thérapie analytique apporte un éclairage focalisé sur certains conflits internes afin de mieux comprendre leurs sens et leurs enjeux. Influencée par la psychanalyse et les théories psychodynamiques, elle aide à progresser dans la connaissance que l'on a de soi-même. La thérapie systémique accorde une place importante à la compréhension globale de la personne au travers du système dans lequel elle évolue (famille, travail, société et culture). Elle regarde le problème de la personne comme un problème de système avec ses interactions et propres caractéristiques. Les thérapies cognitives et comportementales s'intéressent aux émotions et aux comportements qui peuvent mettre en difficulté une personne. Le but est de mieux les reconnaître, les gérer et les accepter.

Les médicaments sont-ils efficaces ?

Plusieurs traitements médicamenteux existent à ce jour et ont des objectifs divers : diminution des envies, aide au sevrage, effet aversif et traitement de substitution entre autres. Leurs efficacités vont dépendre de leurs mécanismes d'action, de l'individu (réceptivité, observance, tolérance) et de l'objectif fixé. Ces traitements ne sont proposés qu'avec l'accord du patient et sont complémentaires à une approche de soins non médicamenteuse : soutien, psychothérapie, prise en charge sociale, etc. D'un point de vue général, ils ont une efficacité qui reste modérée et non négligeable. D'un point de vue personnel, certaines personnes peuvent ressentir une efficacité forte, alors que d'autres une efficacité plus modeste. Il est souvent difficile de connaître à l'avance l'effet chez un individu. Dans tout les cas, ces médicaments doivent s'inscrire dans un projet de suivi programmé.

A quoi servent les hospitalisations ?

Les cures de sevrage à l'hôpital permettent d'arrêter de consommer des produits lorsque les tentatives ont été infructueuses au domicile. Elles sont également utiles lorsqu'un risque important de complications à l'arrêt nécessite une surveillance étroite. Ces séjours hospitaliers sont souvent courts, de quelques semaines. Ils aident à débuter une nouvelle période d'abstinence, mais ne permettent pas de "guérir" d'une addiction. En effet, les envies régulières de consommer peuvent souvent rester présentes après le séjour, d'où la nécessité d'avoir un suivi régulier après la cure.

Certains établissements proposent des séjours plus longs. On parle alors de post-cure résidentielle. Ces séjours sont utiles pour se réadapter progressivement à la vie au quotidien sans les consommations. Ces lieux spécialisés permettent d'assurer un temps d'abstinence suffisamment long. Les hospitalisations ne sont pas indispensables pour réussir à atteindre ses objectifs. Elles peuvent parfois vous être vivement conseillées. Elles s'intègrent dans un projet de soins personnalisé qui se prépare à l'avance.

Un projet de post-cure c'est quoi ?

Le projet de post-cure, c'est tout le dispositif de soins mis en place après une cure. Il comprend un suivi régulier lors de consultations, ainsi que d'autres aides si nécessaire : séjour résidentiel sur plusieurs mois, centre de jour, groupe d'entraide, etc. Les objectifs sont de réduire au maximum le risque d'une rechute et de se réinsérer progressivement dans la vie active. Le projet de post-cure peut être préparé avant la cure avec l'aide de votre soignant habituel. Plusieurs établissements spécialisés proposent une aide après une cure. Certains sont référencés dans la rubrique "Trouver un lieu de soins".

La réduction des risques, c'est quoi ?

La réduction des risques ou RdR, c'est le fait de prévenir et de réduire les risques et les dommages lors des conduites addictives. Elle se distingue de la prévention de l'usage dont l'objectif est de réduire la survenue des consommations. Ainsi, l'objectif de la RdR n'est pas d'éviter de consommer mais plutôt d'aider à minimiser les risques qui sont liés aux consommations (overdose, infections, accidents, dépendance, marginalisation, etc.). Cette approche doit concerner l'ensemble des consommateurs et doit être associée à toute prise en charge, particulièrement chez ceux qui ne peuvent pas s'abstenir ou qui souhaitent continuer de consommer.

Pour obtenir plus d'informations sur la RdR, visitez les sites Modus Vivendi et Reductiondesrisques.be


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